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Le Congrès Européen de Vaccinologie dans les Forces Armées organisé conjointement par la Société Française de Médecine des Armées (SFMA) et le Comité International de Médecine Militaire (CIMM) s’est tenu les 16 et 17 octobre 2006, à Paris (France), dans l’amphithéâtre Rouvilliers de l’Ecole du Val-de-Grâce.
Deux thèmes scientifiques ont été abordés :
- L’épidémiologie, la prise en charge et la prévention des infections invasives à méningocoque en milieu militaire.
- La problématique du calendrier vaccinal des militaires :
tables rondes sur les différentes options possibles face aux risques infectieux encourus dans les armées.
Cette manifestation était organisée en partenariat exclusif avec Sanofi Pasteur et Sanofi Pasteur MSD.

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CONCLUSIONS ET REMARQUES FINALES

Le médecin général des armées (2S) Michel MEYRAN remercie les organisateurs du congrès de lui avoir laissé le redoutable honneur d’ébaucher une synthèse et de tirer les conclusions de deux journées très denses de communications scientifiques. Au nom de tous les participants, il félicite les orateurs pour la qualité de leurs présentations et pour leurs efforts de concision qui ont permis de ne pas dépasser le temps imparti.
S’exprimant avec le recul que lui confèrent ses précédentes fonctions de biologiste, d’épidémiologiste et de directeur central du service de santé des armées français, il rappelle que pendant longtemps, les services de santé militaires ont eu un rôle de pointe, voire un rôle moteur dans le domaine des vaccinations.
Devant l’extrême hétérogénéité et la grande complexité des calendriers vaccinaux, une première réflexion s’impose : dans chaque pays, les services de santé des forces armées ont le devoir de toujours faire mieux, mais chacun a ses propres contraintes. Il n’est pas souhaitable d’envisager une homogénéisation imposée de ces calendriers, ce qui n’aurait aucune chance de succès. En revanche, un effort de coordination et d’harmonisation s’impose et deviendra de plus en plus nécessaire avec le temps.

Il peut s’exercer à trois niveaux.

D’abord, il ne faut jamais perdre de vue que tout militaire est en même temps un citoyen, un civil en uniforme, conscient de ses devoirs mais aussi de ses droits. Il n’y a donc pas, en matière de vaccinations, de spécificité particulière au statut militaire. L’amélioration technique des vaccins, fruit de la recherche, et les contacts de plus en plus étroits entre les spécialistes des différents pays, conduiront tôt ou tard à l’adoption d’un calendrier vaccinal européen harmonisé, comportant un niveau de base incontournable associé à des choix spécifiques à chaque pays.

En second lieu, le militaire reste un voyageur, et si l’on ose la comparaison, un voyageur « Low cost » qui va être, par ses activités, exposé à des conditions d’hygiène précaires, à la fatigue et au stress. Malgré la diversité des conditions dans lesquelles sont vécues les opérations extérieures, il est nécessaire de pouvoir compter sur un haut niveau de protection collective s’appuyant sur des vaccins de grande qualité disposant d’une AMM européenne.

En troisième lieu, le soutien sanitaire de la collectivité militaire doit prendre en compte la menace spécifique que représentent les risques biologiques intentionnels.

Dans ce domaine où presque tout reste à faire, les services de santé des forces armées ont le devoir de rester un moteur dans la conception et l’application de la réponse aux épidémies d’origine délibérée. Quels vaccins faudrait-il utiliser ? Quels vaccins faudrait-il produire ? Les crises récentes ont permis d’observer, là encore, une grande hétérogénéité dans les prises de décision des uns et des autres et parfois, le recours à des vaccins d’une efficacité douteuse, d’une innocuité non confirmée, d’un coût élevé, ne bénéficiant pas d’un agrément.

Pour toutes ces raisons, il devient indispensable d’échanger et de travailler ensemble sur nos calendriers de vaccination car beaucoup reste à faire ! Dans chaque pays et dans chaque service, les tentatives d’harmonisation se heurtent à des féodalités persistantes. De tels blocages peuvent paralyser l’action d’une commission spécifiquement créée pour homogénéiser les points de vue des décideurs : on l’observe par exemple avec COMEDS. Cette mentalité rétrograde contraste avec l’extrême modernité de la vaccinologie et les progrès remarquable accomplis en immunologie.

Il convient enfin d’insister sur le poids que représenterait une coordination des services de santé des forces armées face aux responsables des laboratoires pharmaceutiques et de l’Agence européenne des médicaments. L’union fait la force. Avec des marchés plus étendus, il serait possible d’obtenir des prix plus raisonnables pour des vaccins adaptés aux besoins des militaires.

C’est pourquoi nous pouvons nous réjouir de la tenue de ce premier congrès européen de vaccinologie dans les forces armées. Souhaitons qu’il contribue à faire évoluer les mentalités dans nos services de santé respectifs et qu’il bouscule les tenants de l’immobilisme. Mais pour cela, il faut que cette rencontre ne reste pas sans lendemain. Avant de nous séparer, j’invite les organisateurs et les participants à rester en contact et à préparer sans tarder le deuxième congrès de vaccinologie dans les forces armées.

Médecin général des armées (2S) Michel MEYRAN
Directeur central du Service de santé des armées (2001-2005)